je cherche encore du taf sur internet et prepare d’aller voir un pb de roulement sur le fourgon de Paul. Jme retrouve a discuter sur fb avec doph. Il me dit qu’il y a une annonce sur un site pour du taf dans une ferme d’huitres en Tasmanie. Je fonce sur l’annonce, repond au francais qui y bosse pour lui dire que je suis bien motive et pret a partir au plus tot. Joe souhaite me suivre dans l’aventure. J’envoi egalement un texto histoire de ne pas louper l’occaz et decide finalement de l’appeler apres une heure. Sans m’avoir parler de l’ambiance, du tarif horaire ou de quoi que ce soit, jme decide a y aller, un peu a l’arrache. On planifie de partir le mardi matin en avion. J’apprend cependant une nouvelle bien triste de Bretagne, bon courage a Oliver, Cyril, Seb’ et leur famille.
Le lundi nous sert a preparer les sacs, passer un dernier moment avec Paul et Nico qui passent la nuit au Bakpak puisque le fourgon est toujours au garage, l’inconvenient d’une maison sur roues. On passe voir le nouvel appart ou loge Kevin au 30 ou 40eme etage d’une des nombreuses tours du centre-ville : impressionnant , mais je n’y passerai pas ma vie...
Mardi matin, pas trop en avance pour l’avion, pas en retard non plus. Ca devient la routine ce mode de transport pour moi... Par contre, je m’etonne a chaque fois que les ingenieurs qui concoivent l’interieur d’un avion utilisent encore des nains comme gabarits pour l’espace des jambes, a moins que ce ne soit la compagnie qui impose cette cote pour plus de personnes dans un meme avion pour plus de profit... ? Non, ca ne serait pas leur genre... Bref, 2h plus tard et quelques degres en moins, on atterit a l’aeropo.. l’aerodrome d’Hobart, principale ville de l’ile de Tasmanie. Vrai qui fait pas chaud, on passera un hiver un peu plus credible que sur l’ile principale, voila tout ! N’ayant pas de carte, ou tres peu detaillee, de ce bout de terre, nous decidons de bouger nos fesses jusqu’a la ville a 15 bornes de la, pour savoir comment parvenir jusqu’a la ferme. Une compagnie de bus nous propose un fret a 16h. Impec’, il est 12h le temps de faire qqs provisions et de boire une mousse pour feter ca. On croise un ecossais representant d’une boite situee a Melbourne qui nous cause de tout et de rien en nous payant une 2e pinte et nous occupant l’apres-midi avant son avion : un peu titubant mais sympa ! Decidemment, tout se goupille pour le mieux jusque la. Le bus en question ramene principalement de jeunes etudiants chez eux, certains a 1h1/2 de route dont Georgia, voisine de nos nouveaux patrons qui expliquera au chauffeur du car un peu bourrin qu’on descend au meme arret qu’elle d’apres l’adresse que j’avais. Le « bled » s’appelle Little Swanport, mais il n’y a qu’une route sans rien du tout. C’est plus un lieu-dit finalement, ca promet pour ce qui est de la tranquilite du voisinage...
Le pere de notre nouvelle voisine nous raccompagne jusqu’a croiser le boss puisqu’aucun reseau telephone ne nous permettait de le contacter, ca promet pour l’isolement hivernal.. Le patron nous invite a diner chez lui avant de nous emmener dans un bakpak juste pour ce soir. Nous faisons donc la rencontre de la famille qui nous embauche, j’aurai plutot envie de dire qui se devoue pour nous faire travailler tant la relation n’a rien de simples employes/ patrons. Hayden Dyke, a peine 40 piges est le boss, haut perche a plus de 2metres. Ne parle pas plus que necessaire, aime l’humour, le boulot propre, les pauses avec cafe quand c’est l’heure, et boire une biere avec nous en fin de semaine. Jane sa femme est moins souvent au shed (meme terme que ma precedente ferme pour designer l’atelier) mais tres petillante, appreciant egalement l’humour et se demenant beaucoup pour que nous passions un bon sejour en leur compagnie, tant en terme d’activites que d’accomodation. Alicia, environ 10ans et Samuel 6ans sont leurs enfants, tres gentils et tres poses. Apres le repas, Hayden nous emmene donc dans un bakpak qui est plus ou moins un camping dans la foret avec chalets un peu partout, electricite et tout ce qu’il faut. Vraiment peinards ! Voila une journee bien remplie et quasi-parfaite, pour ne pas dire parfaite en terme d’enchainements un peu a l’arrache mais sans aucun probleme ! A refaire..
Premier jour de taf, le patron passe nous prendre de bonne heure pour commencer a 7h. Ca caille l’encule ! Une gelee est tombee cette nuit, je ne me rappelais plus ce que voulait dire le mot hiver, apres 2 etes consecutifs.. Mais ca ne fait rien, ca me plait quand meme ! On fait la connaissance des collegues : Mathieu, 22ans le francais qui avait passe l’annonce sur le net. Il vient d’Aix-en-Provence avec un petit accent du sud, n’arrete pas de parler et raconte sans arret des conneries. On risque pas de s’ennuyer... Stuyi (prononcer Stiou) 18ans, seul employe local n’etant pas plus fan que ca de son taf, mais le faisant proprement sans etre stresse ni stressant, un peu comme le patron en fait. Enfin, un autre francais est venu en fin de journee renforcer l’equipe, Cedric 26ans parisien n’ayant pas fait grand chose de « manuel » jusque la mais bon delire et bien motive aussi a passer une partie de l’hiver dans un trou-presque-perdu si je compare avec ma precedente experience..
Le boulot sur les huitres consiste generalement a aller en mer chercher des paniers, les ramener au shed, et les trier suivant leur taille, pour ensuite les remettre a l’eau. On passe donc la moitie de la journee a terre et l’autre les pieds dans l’eau, ce qui est plutot cool comme rythme.
Lorsque l’on va en mer..
On n’est pas tout a fait dans la mer, ou dans la baie, mais dans l’embouchure d’une belle riviere qui se jette quelques centaines de metres plus loin dans la Mer de Tasmanie. L’avantage de cette situation est que les marees ne font pas varier enormement le niveau de l’eau sur les casiers, on peu donc bosser plus facilement. Autour de nous, des montagnes, des forets, des collines (pas tres verdoyantes vu l’epoque) mais neanmoins (faut l’placer celui-la...) couvertes de patures, 2 ou 3 baraques par-ci par-la, sans faire d’ombre au principal payasage... Trop bien ! Sous certains angles, on croirai voir un fleuve canadien avec une foret de sapins en arriere-plan (bon, pour les sapins, c’est la super vue de Cedric qui lui a fait dire ca, mais c’est vrai que ca y ressemble..), a d’autres endroits le long de la riviere pour acceder aux bouchots (j’trouve pas encore le vrai nom pour « support a casier »..) on pense aux petits acces a l’eau pour petites embarcations de Brehat avec sa caillasse aux couleurs tres similaires... Bref, rien que pour les yeux, ca vaut le coup de se mouiller ! Se mouiller justement.. pas ! Puisqu’avant d’embarquer sur les barges, on enfile la combi impermeable du pecheur a la mouche, dont la mienne protege bien de la fraicheur de l’eau... On pose les casiers remplis la veille ou le matin-meme et on en prend d’autres pour les rammener et les trier.
A terre !
En plus de travailler les huitres, plusieurs autres types d’activites occuppent nos journees relativement courtes finalement (7h-9h, pause cafe, 9h30-12h, lunch, 12h30-15h30, fin du taf) : tailler du bois ! Si j’avais penser avant de partir en voyage que j’aurai eu l’occaz de faire du bois... Merlin, hache, ca envoi du pate ! Pas trop le choix pour une partie du bois car ici, on se chauffe au poele. Spraying : Joe et moi sommes alle avec le pere d’Hayden passer un coup de glyphosate sur certaines mauvaises herbes parsemant un champ. Ceci avec des pulves manuels avec une vue exceptionnelle grace a notre situation sur-elevee par rapport au niveau de la mer...
Leve de soleil dans un creux situe juste entre 2 iles posees a quelques kilometres de nous, le reflet dans la mer... Pas le temps de reprendre son souffle, on se retourne vers les terres, la blanche pleine lune ne s’est pas encore couchee et flemmarde dans un ciel degrade de haut en bas bleu-violet-rouge parseme de quelques bandes de nuages n’etant pour une fois pas de trop.... Vraiment halluciante comme vision.... Le reste de la journee nous fera apprecier la vue de la baie avec une mer parfois grise, parfois verte ou azur suivant que le soleil joue a cache-cache ou non.... Si c’est pas de la balle comme boulot !
Fait peter la baraque !
Et quelle baraque ! Il s’agit de l’ancienne habitation qu’on occuppe les parents d’Hayden puis lui-meme un temps avec sa femme. Le tout est situe... dans l’atelier du shed ! Ca me donne certaines idees pour une possible future habitation en Bzh, si je decide un jour de m’arreter quelque part... La cuisine est la piece principale avec tout ce qu’il faut pour bien cuisiner, le poele est la pour nous rechauffer, et nous dormons juste au-dessus, sous les toles ! Ca caille severe le matin, pas trop moyen de trainer au lit ! On s’est arrange un bon espace le 1er jour avec l’aide d’Hayden pour placer un bon matelas bien dur sur casiers en plastiques qui me sied relativement bien, Joe est quand a lui sur un matelas mousse mais sur sommier, on partage comme on peut.
Pour essayer de conserver une chaleur toute relative du cote de notre chambre, nous avons tente de boucher la plupart des interstices entre l’atelier et nous a l’aide de vieux vetements et d’une bache en guise de « porte ». Cependant, nous avons ommis de nous occuper du cote « mur » en tole bien sur, ou il y a autant de passages d’air.... Avec quelques gelees un jour sur deux, ca dresse !
Occupations en-dehors.. du taf ! (mais toujours au shed...)
Pour l’instant, pas grand chose ! Effectivement, sans moyen de locomotion les possibilites sont limitees, mais en cherchant ca s’arrange ! Un peu de bois a fendre, un peu de mecanique sur les tracteurs et peut-etre voir plus puisque Hayden est mecanicien-pilote de son dragster (une Holden Commodore V8 Cleveland 700cv.... a mediter quand il m’a demarre le bourrin, echappement libre bien sur...), motard sur Yamaha cross WR-F 426, et Honda VTR... Ouf ! En sachant egalement que Jane a sa propre moto-cross et les gamins aussi !
On passe les soirees de semaines a causer en francais avec Cedric qui lui, dort dans une chambre individuelle qui est en fait un container retape avec un plumard, plein de posters de dragsters, et un frigo. Bon a la limite, le frigo ne lui sert pas a grand chose pour deux raisons : il y en a deja un dans la cuisine avec suffisament de place, et sa piaule caille autant que la notre s’il ne met pas son petit chauffage d’appoint en route... Enjoy !
Le premier vendredi soir, le patron nous quelques bieres, trop cool ! Et nous invite a un bbq chez lui, super cool ! Apres quelques bouteilles de vin (ca reste de l’australien tout de meme...) et un bon dessert, retour au plumard.
Petite promenade le lendemain avec la famille Dyke et nous trois, sur une tres belle plage non loin de chez nous, a contempler les iles au loin... Le soir, petit gueleuton en compagnie de Mathieu et ses colocs, quelques bieres et dodo.
Rien qu’apres une semaine, voir meme apres le premier jour, je peux deja dire que je pense rester dans ce « trou » un bon moment, histoire de passer l’hiver pepere, avec des personnes vraiment accueillantes et agreables, tres respectueux de la nature qui les entoure (avec tout de meme quelques parties de chasse nocturnes au walabi, mais vu le nombre...) et tres enchantes de nous avoir comme employes et amis finalement.
Ca change de la precedente experience... Tant mieux !
A plus les gens.
Ps : Ces derniers jours tres remplis m’ont vraiment fait oublier que j’etais tres loin de vous, et pour un bon petit moment encore. J’ai cependant un gros regret de ne pouvoir apporter un soutien de quelque ordre que ce soit a mon pote Oliver...