jeudi 2 décembre 2010

Wilga Vale Farm: Bienvenue chez les manouches



Bonjour a tous!

A nouvelle ferme, nouvelle introduction.

Aujourd’hui, mardi 30 novembre, il pleut. Rien d’extraordinaire en ce qui vous concerne j’ose dire. Mais en etant dans un des pays les plus sec au monde, il y a de quoi s’en etonner. Du coup, me voila a ne rien faire, a part ecrire ces « quelques » lignes, en attendant le retour du beau temps. Car, impossible de moissonner...

La fameuse moisson australienne ! Un gros chapitre de l’agro-business mondial, plusieurs chapitres de mon blog je suppose... Me voici donc de retour dans la « ferraille » au service de l’agriculture avec comme nouveau partenaire de voyage, Kevin. Comme explique vite fait precedemment, nous avons travaille dans la meme boutique pendant quelques annees, et avons la meme passion (travail et passion peuvent paraitre innassociables pour certains...).

Passion qui nous fait accumuler des heures de folies, qui nous impose des situations inimaginables, et une vie de dingue ! Quand on aime, on ne compte pas, seulement ses heures...

Petite information avant de rentrer dans le vif du sujet : comme lors de ma narration de la saison des semis, il y aura pas mal de description sur le plan mecanique et agricole, que j’estime indispensable a la comprehension de nos activites, mais qui peut paraitre barbante pour certains. Tant pis pour eux, meme si j’essai d’etre bref !


La ferme dans laquelle nous travaillons se situe a quelques kms de Peak Hill, dans les terres du New South Wales (ou Nouvelle Galles du Sud), a environ 300kms a vol de perroquet de Sydney. Autrement dit, dans un des nombreux trou du cul d’Australie. A peu pres 2000hectares de terre, une moissoneuse, quelques tracteurs (pas plus de 330cv), un automoteur de pulve, un road-train, deux windrowers, un telescopique, un atelier avec pas mal d’outillage etales un peu partout dans la cour, les utes, les machines. Autrement dit, pas grand-chose de disponible les 5 premieres minutes, mais on s’y fait.

La famille qui nous accueuille est composee de Warwick Mitchell, le boss, a peine la 40aine, sa femme Kylie et leurs enfants Millie, Mack et Essie. Matt, un local employe depuis quelques semaines partage l’accumulation de bois et de toles qui nous sert de maison. Deux irlandais, Shiaimas et Decklon (des noms a couper a la Guiness !) arrivent le soir de notre 1ere journee de travail.

Je n’ai pas parle de notre voyage vers cette ferme, mais il vaut la peine d’etre decrit, car il sera finalement une bonne preparation a la serie de peripeties qui nous arrivera tout au long de cette saison...


Apres n’avoir plutot rien foutu pendant une semaine, a part siffler quelques bieres et fait des lois avec le pere Ricus, nous partons de Sydney en bus. Cependant, il n’y a pas de ligne direct vers Peak Hill. Il nous faut descendre au sud, prendre une autre ligne pour remonter vers le nord, ce qui veut dire environ 6-700 bornes de bus, pour finalement 300bornes a vol de pigeon-a-crete-de-punk depuis Sydney comme mentionne plus haut. Mais arrive a Canberra (« Tiens ? On passe a Canberra ? »), ville-etat-capitale d’Australie, on nous informe que des innondations empeche le bus d’aller plus loin. Eh ben putain ! Nous decidons de passer la nuit dans un backpacker YHA avec un autre francais afin de patienter jusqu’au lendemain. Malheureusement, le lendemain n’est pas meilleur puisqu’il n’y a pas de bus du tout, merci Greyhound (compagnie de bus). Glandage au backpacker car Canberra, ca caille, et c’est mort ! C’est desert ! Surtout le dimanche, comme de nombreuses villes australiennes et neo-zelandaises, soi-dit en passant.


Retour a la compagnie de bus le lendemain qui nous propose un rapatriement gratuit sur Sydney, on prend. Quel debut de saison ! Nous filons vers les trains, nous apercevons qu’il y a finalement une ligne direct en 4-5heures vers Dubbo, principale ville a 1h de route de Peak Hill, achetons les billets, appelons le patron pour le prevenir, et retournons au guichet 5min plus tard nous faire rembourser les billets. Warwick sera sur Sydney demain pour un chargement, il pourra donc nous amener... Ca enchaine !

Nous le retrouvons donc le lendemain avec le Kenworth (marque du camion, pour 50% australien) et un plateau charge de 2coupes bien balezes (12m), direction Wilga Vale (nom de la ferme), pour un debut, c’est plutot pas mal. Le boss a l’air bien cool, discute, plaisante, nous paie le Hungry Jack’s (meme si ca n’est que de la junk-food, le geste est la). Nous roulons jusqu’au debut de soiree ou nous nous arretons chez ses parents, ferme situee a 120bornes de la sienne et faisons leur rencontre ainsi que le frangin Ben, chaudronnier de metier. Quelques sandwichs prepares par la maman et nous faisons le reste de la route pour arriver vers 23h.


La 1ere journee de travail nous donne deja une idee sur la facon de fonctionner du boss. Nous nous rendons chez un client avec Matt pour la 1ere journee de Windrowing. Hein ? Petite presentation : ici, on ne recolte pas le colza avec une moissonneuse quand il est encore sur pied et a maturitee. On le fauche et le met en andain pour le faire secher, eviter qu’une tempete ne l’egrainne, et le ramasser quand on veut avec un pick-up installe sur la moiss-batt. L’interet est discutable certes, mais nous nous ferons un plaisir lors de notre retour de vous apporter quelques arguments...

La machine qui s’acquite de cette tache est une Massey (ou « ouai-ouaille » dans le jargon), roues folles a l’arriere, roues directrices/motrices a l’avant entrainees par moteurs hydrauliques. La direction est tres troublante les premiers jours... Coupe de 7m50 avec total entrainement des rabbatteurs, des tapis et de la scie par voie hydraulique. Le 1er chantier ne durera pas longtemps puisque la chaine situee entre le moteur hydraulique et les rabbatteurs saute sans arret, malgre plusieurs essais de positionnement de pignons (comme francois..), ce qui ne stress pourtant pas le chef. Il decide tout de meme de ramener la coupe a l’atelier (env. 60 bornes... petite distance finalement..), pour faire fabriquer un nouveau pignon sans voilage le lendemain chez un bouinou local. On s’apercoit donc que ce n’est pas le genre a s’enerver... Je tourne un peu le soir avec, m’enerve vu la qualite de la machine et mon incomprehension quant au fonctionnement ajoute a du colza couche au sol... Pour voir arriver Matt et le chef avec une caravane montee sur une remorque qui n’a plus que 3 roues (un roulemeent s’est fait la malle 500m plus tot..) et je dois dormir dans le cul du ute dans un sac style army/fisher-man.... Pour un debut !


La premiere semaine, je pars avec Matt a 80 bornes de la ferme pour un chantier de je-ne-sais-plus-combien-d’hectares mais fait conjointement avec l’autre Massey de Ben (pour y aller, le boss se trompe de route, mais en rigole...). La qualite du systeme hydraulique qui ne repond pas a l’effort impose par la coupe me fera peter une pile le 1er soir, il faut dire aussi que la formation sur cette machine a ete tres rapide : Warwick me montre un tour et se barre en me laissant le volant... Mokay ! Pendant ce temps, Kevin prepare les coupes de 12m a l’atelier qui serviront pour les futures Windrowers neuves que le chef attend impatiemment. N’ayant personne a disposition a la ferme pour donner un coup de main, le blondinet de Pace a du fil a retordre et de la coupe egalement pour arriver a bricoler quelque chose. Mais Kylie lui prepare ses repas, lui amene des glaces l’apres-midi, il ne peut donc pas se plaindre...


Le pays le plus sec au monde commence a nous faire en douter puisqu’un orage accompagne par la pluie nous empeche de terminer ce chantier, j’ai presque failli y rester avec la machine. Nous rentrons Matt et moi-meme au shed a 120 sur une route pas plus large que le Land-Cruiser dont les phares s’eteignent completement, de temps en temps seulement... Ambiance ! Quelques bieres et un petit topo avec Kevin avant de penser a la grass’ mat’ qui nous attend vu le temps pourri...

Que neuni ! Le chef passe reveiller le chien d’talus (Kevin) et Timmy (nom qui m’a ete impose dans la CB) a 6h30 ! Christ ! (nom de dieu quoi...) pour aller ramener la machine ici. La bonne ambiance generale s’installe avec Ben et Warwick, les blagues dans la CB et au telephone sont monnaie courante, je ne pensais pas que mon anglais avait si bien evolue en Tasmanie ! 1ere fois que je discute vraiment a l’aise, ce qui n’est pas tout a fait le cas de l’autre gazier mais il s’acharne et bosse un minimum ses constructions a mesure que les semaines passent... Il sait dorenavant tres bien dire «Sorry, I don’t understand. Euh, Ludo ? T’as entendu ce qu’il me demandait dans la CB ? ».Seule qualite que l’on partage : le bon accent francais ! Que certains ne pensent pas que je m’en moque puisque cette situation, je l’ai connu bien pire lors de ma precedente ferme lors des semis... (voir 1ers chapitres de ce blog).

Au bout d’un moment, le boss decide de nous laisser maitres a bord du windrowing, avec le Mack (camion qui transporte la Massey) plus le chariot et la coupe, le tout conduit par le chien d’talus qui est en transe en conduisant l’engin.. Pensez donc : un vieux coucou bourre de puissance, sur des gravels-roads defoncees, sans isolation thermique ni accoustique de la cabine, des vitesses a passer a la volee sans grand moyen de retrograder, une direction tres aleatoire, une CB qui braille, il y a de quoi se remonter les manches ! Qui plus est, il s’agit du premier camion qu’il conduit, excepte celui sur-lequel il avait passe le permis, sur des routes bitumees...


Quant a moi, j’ai plutot la belle vie dans le ute quasi-neuf du patron pour convoyer : clim’, regulateur’... Mais je dois gerer non pas le planning, mais la coordination avancee du chantier/patron/clients/couilles lorsque ca arrive... Ca me plait bien ! La plupart, voir tous les clients sont sympas avec nous, plaisantent discutent de leur ferme, nous demandent comment est l’agriculture a la francaise, certains parlent OGM et des « connards de Monsanto » (multinationale tres peu appreciee dans cette partie du New South Wales...). Vraiment tres enrichissante comme experience.

D’autres comme les Smiths, tres proches du chef, nous accueuillent chez eux pour dormir, manger, boire quelques bieres, discuter, et tous sont tres content du travail que nous leur faisons. Les Smiths veulent meme nous embaucher pour la suite... Euh, on verra.

La fin du windrowing avec la Massey approche, il est temps. Toujours pas de clim’, ni de chauffage. On peut supporter la relative chaleur en journee, mais le froid de la nuit nous impose de mettre une couette sur les genoux si l’on veut continuer a conduire a 4h du mat’, sauf si on s’endort... Pour ce dernier inconvenient, les Red B. sont a la hauteur de leur reputation !

Fin des peripeties avec la Massey, pour enchainer avec une nouvelle machine : la MacDon. Toujours pour le meme travail, mais avec des debits de chantiers beaucoup plus impressionnants grace a une coupe de 12m, une puissance moteur superieur, et un confort de conduite tres appreciable. Lorsque les conditions le permettait, on pouvait rouler a environ 13-14km/h en pointe avec l’ancienne. Il s’agit maintenant d’une moyenne...


Petite parenthese par rapport a la faune locale (la flore etant principalement fournie d’arbres a gomme, d’herbes hautes, et de champs cultives) : kangouroux gris (les petits), walabis (petits kangouroux), renards, cochons sauvages, perroquets, pies, corbeaux, aigles, et faucons qui viennent chasser au-dessus de nous lorsque l’on fauche un champs. Ils attendent que leurs proies sortent pour plonger dessus ! Fascinant ! Et toujours un ciel magnifique la nuit grace a la majestueuse Voie Lactee et la Lune sous toutes ses facettes... C’est ca aussi, l’avantage d’etre dans un « middle of no-where »...

En parlant d’etre au milieu de nulle part, nous passons quelques jours proche du « Centre du New South Wales ». Le colza (ou canola en anglais/australien) est relativement sec, le chef n’est pas sur que le client veuille le faucher. Il me demande de faire quelques rangs nickel, en evitant d’egrainner au maximum et me dit juste avant que je ne grimpe dans la machine : « Use the force... »(voir La Guerre des Etoiles). Quand on vous dit qu’il ne stress pas, on ne ment pas... Du coup, il se met a utiliser cette formule a toute les sauces et je finis par l’affubler de tout les noms : Chewbaka, Maitre Yoda, Obi Wan Kenobi. Il m’appelle a son tour Young Ludo, Luke Skywalker, etc...

Lorsque l’occasion se presente, il nous paie systematiquement un hamburger dans un shop local, vraiment rien a voir avec ceux des fast-foods, nous qui ne sommes pas forcemment fan de ce type de bouffe. Cependant, c’est la 1ere fois pour chacun de nous que cette alimentation est reguliere... Faudrai pas que ca soit definitif non plus, Kevin pourrai commencer a manquer de quoi palier a son diabete. C’est pourquoi nous avons notre petit stock de bouffe « alternatif ».

Un soir, nous sommes a l’attaque d’un chantier de 200hectares qui avance tres fort, il y aura sans doute quelques records a tomber. Vitesse moyenne d’avancement : 15-16km/h, voir meme plus de 17 en pointe ( !) et la coupe suit toujours, truc de bourrin quand meme. Je finis vers 3h du mat’ : 194hec en 16h, c’est pas mal. Le chef arrive la nuit, avec le Mack dont le chassis a ete modifie pour recevoir la McDon et se couche direct a l’arriere de son ute, quel manouche ! Petit dej’ le lendemain matin au lever du jour : bacon&egg sur barbecue, trop bien !

Un client supplementaire et c’est le retour a Peak Hill pour une petite pause d’un soir. Il etait temps, apres avoir utilise les memes fringues depuis quasi une semaine et le meme calbute depuis 4 jours. C’est pas la bonne periode pour draguer... De toute facon, les gonzesses de la campagne, elles n’ont pas changees depuis la Tasmanie, toujours moches ! Et il n’y a rien de subjectif dans mon jugement.

A cote du colza, il ya aussi quelques autres cultures qui necessitent le windrower, tel le lupin, genre de pois sur haute tige, quand celle-ci n’est pas a terre. Le premier chantier de cette plante se fera en plusieurs etapes puisque quelques pannes sur la coupe viennent nous ralentir, Kevin n’apprecie pas les rabbatteurs et les envoi dans une vieille souche que le farmer avait laisse au milieu du champ, abruti va ! On essai de redresser le tout a l’aide de sangles, de rampes de chargement contre le pare-buffle du Mack, que dalle. Et un monstrueux orage se ramene juste au-dessus de nos tetes pour nous faire profiter pendant plus d’une heure de ses eclairs visibles a 360deg. puisque nous sommes restes dans la cabine de la machine, ambiance ! Mais la pluie commence a gorger le champs et il nous faut rentrer a Peak Hill. Les gravel-roads sont detrempees, et mega-instables du au fait qu’elles sont principalement composees de poussiere... Rallye-time !


Les chantiers suivants se feront toujours en autonomie, avec de temps en temps un petit champs de colza par-ci par-la. Comme chez Mick et son Stetson toujours visse sur la tete ou Kevin fait la rencontre de 5-6 abeilles et m’appelle dans la CB pour l’aider a enlever le dernier dard coince dans sa nuque, ambiance !

Sa main et son bras mettent du temps a degonfler, ce qui decide le patron a l’emmener a l’hopital du coin un jour de pluie, histoire d’assurer. Toujours aussi presentable le chef, avec ses godasses bien chargees de terre qu’il laisse juste dans le couloir de l’entree du-dit etablissement, sa veste de chantier detrempee du matin... L’handicape d’un jour est en contact avec son assurance internationale par le biais du telephone au chef qui, lorsque le service cliente rappelle, decroche et essai de bafouiller quelques mots genre « Bonjour mademoiselle... » au mec qu’etait a l’autre bout, et pas franchement aimable... On se marre comme des tordus et il nous paie le resto le midi, accompagne par Kylie qui nous rejoint, avant qu’il nous laisse son ute pour aller faire du shopping hi-fi a Dubbo. Qui a dit que l’on vit un truc de fou ?

Un des derniers chantier de lupin se fait dans ce qui commence a etre l’ouest de l’etat, autrement dit « THE WILD WEST » decrit par le patron. Mais le client est super accueuillant, un peu saoul le soir apres le travail, certes, mais apprecie le travail fourni, deloge Kevin reste dans un coin de terre encore humide a l’aide d’un tracteur articule.

Avant d’entamer le reel dernier chantier, car il y a eu plusieurs « si si c’est le dernier cette fois ! », une nouvelle epreuve nous attend. On a pu constater au fil des semaines que depuis le 1er depart de Sydney, chaque jour apporte sa surprise. Et avant ce dernier chantier, quelques jours ont passe sans que rien, ou presque ne nous arrive...

Nous prenons l’Highway (une simple nationale de chez nous quoi..) pour rejoindre Nyngan. Roulons paisiblement, quand un policier de l’Highway patrol depasse Kevin et son Mack, prend le temps d’etudier son chargement, le double finalement, et me depasse ensuite. C’est louche. Pas un de nous ne cause dans la CB.. Puis on arrive au pied de Nyngan, passons un pont, et un mec en uniforme reflechissant au milieu de la route pointe son index en direction de la banquette.. Ah, ca pas l’air d’etre un backpacker qui fait du stop...

« Papiers s’il vous plait ». Bon, ca a l’air d’etre le flic de tout a l’heure. Kevin se garre derriere, me demande son sac a dos reste dans le ute et qui contient ses papiers, quelle demonstration d’organisation... L’homme de loi fait le tour du convoi de la mort et releve bien evidemment « quelques » derives a la dite-loi :

- un vehicule escorte doit avoir les papiers de reglementations de convoi exceptionnel

- sur ces papiers, il est mentionne qu’un vehicule-escorte ne peut pas trainer une remorque, ah oui, j’ai une caravane un peu crassouse exterieur/interieur (ou l’on a pu tester les limites de l’hygiene..) derriere moi

- le panneau « Oversize » » du Mack fait pitie, et est donc a changer

- les chaines de maintien de la McDon sur le camion sont detendues, paye ton affiche...

- les drapeaux de signalisations sont dans un piteux etat voir inexistant

- aucune bride de maintien de la machine a l’avant (boah, jusque la, le poids de la machine suffisait, Kevin a pu le tester sur des gravel-roads de tarre : « C’est Bagdad dans ton camion !! » qu’il disait dans la CB)

- et pleins d’autres choses qu’heureusement il ne releve pas, genre aucun eclairage sur le chariot de coupe... hem..

Le type est neanmoins sympa avec nous et nous demande de faire le necessaire avant de repartir, sans aucune contravention ! Bon, pour ce qui est d’une peripetie par jour, je pense qu’on en est quitte pour plusieurs avec ca !

Mais la moisson a deja debute a la ferme et il est temps de revenir sur les terres de Peak Hill tester la Case IH Axial Flow et ses 12m de coupe...

La suite au prochain episode, toujours sur le meme rythme, on vous le garantie !

A tantot !

Kevin aka Chien d’Talus, Ludo aka Beuvou d’Cid’

dimanche 28 novembre 2010

Beautiful end of Tasmania

Bien le bonjour !

Voici un « petit » moment que je n’avais pas remis les pieds ici, plusieurs raisons a cela, commencons donc par la 1ere.

Ma sedentarisation tasmanienne touche a sa fin, ca ne nous empeche pas Cedric et moi de faire du rab’ de spraying, a plus faible dose tout de meme, et de retour sur les champs en pente pour apprecier une derniere fois les magnifiques vues qu’offre l’embouchure de la riviere.

Quelques petites sorties dans celle-ci afin de bien conserver en memoire les fraiches escapades hivernales, et voici la fin de ma derniere semaine qui se rapproche.

Comme precise dans l’episode precedent, le patron m’avait enrole dans LE rallye moto tasmanien a ne pas louper : ST2ST, comprenez Saint-Helene (sur la civilisee cote Est) to Strahan (sur l’indomptable cote Ouest). 3 jours a se « balader » dans des forets, sur des chemins en tout genre, des gravel-roads, des portions de route, afin de finir sur le sable... Voici un petit resume de ce que je qualifierai tout au long du week-end : The best thing I could do before to leave Tasmania...

Le patron se ramene le mercredi soir au shed avec un grand autocollant format 1m50 sur 1m dont les graphismes sont quelques peu suggestifs : « oysters », « oyster bay oysters », « eat more oyster you bastards », tout ca pele-mele, plusieurs types calligraphiques, sur des nuances de bleus, gris, violet. Notre creativite, quelque peu limitee par le temps disponible nous fera jouer des ciseaux jusque tard dans la nuit...

Jeudi matin, derniers moments de boulot pendant que le boss, dont c’est l’anniversaire, charge nos becanes sur le plateau. Will et Wrandy (le wr est pour le differencier d’un autre cite plus loin) avec qui j’ai deja roule debarquent en debut d’apres-midi. Sanglage de leurs montures, et c’est parti ! Direction le nord vers St-Helene, petite bourgade au pied de l’eau tres charm.. on s’en fout un peu en faite ! Jane nous accompagne car son mari l’a convaincu de ramener la bagnole au shed pour le w-end et de nous reprendre le dimanche soir sur la cote ouest... C’est facinant l’amour dans un couple... Faudrai peut-etre que j’y songe, un jour... Une semis a bestiaux et un car debarquent. Le premier decharge la 40aine de becanes des voyageurs du car, ambiance. Seance photo sous une tente Red B., pas trop de pub tout de meme. Le temps de se trouver une piaule avec Hayden et WRAndy, nous nous rendons au resto pour une bonne bouffe, quoique un peu cher. Vient ensuite le moment du brieffing interprete par Andy (l’autre), co-organisateur de l’evenement et co-createur d’un site internet dedie a la pratique de l’enduro. Il commence par me presenter a tout le monde en precisant que je suis le premier international du rallye, qui n’a que 4ans, mais ajoute que les Peugeot sont vraiment des bagnoles de merde, gros rires dans l’assemblee, l’ambiance s ‘installe !

Petit topo sur les conditions de roulage au niveau securite, gestion de navigation GPS, gestion des equipes. Car nous sommes environ une bonne 50aine de riders, divises en 7-8 equipes, afin d’eviter un gros bordel tout au long du week-end. Le boiteux (il s’est fait enleve des broches du genou quelques semaines auparavant, raison pour laquelle il ne roulera pas avec nous) nous explique que c’est un rallye un peu particulier car les chemins sont un peu a la decouverte des equipes, et qu’il faudra etre tres studieux par rapport a la navigation, ca promet... Je pars me coucher vers 22h, la journee de demain s’annonce soutenue !

Hayden reveille les gamins du rallye que nous sommes Wrandy et moi-meme vers 6h30, gaste ! Fais pas chaud ! Mon backpack est pret, avec le camel-back plein d’eau, un bidon d’hui le (pour le melange de mon 2temps a chaque plein, comme une mob’) et un bidon de melange deja pret, au cas ou, plus quelques outils et a bouffer. On sort de la ville pour comencer par des chemins relativement sableux, Team Aphrodisiac est deja au taquet ! Car chaque equipe porte un nom, et l’ostreiculteur qu’est Hayden n’a pas trouve mieux comme nom, pourquoi pas ! En nous demenant au travers des dunes, nous debouchons sur une magnifique plage deserte avec un superbe soleil deja leve depuis quelques temps. Nous nous amusons un peu mais continuons notre progression, il y a environ 300 bornes a etaler aujourd’hui.

Apres quelques quelques gravel-roads et quelques flaques d’eau en weeling afin d’arroser le suivant, premiere couille sur la 2strokes (ou 2temps en anglais) : les vis de mon garde-boue arriere se font la malle, ca promet ! L’equipe est bien outillee, nous plongeons 5min plus tard dans une foret, la poignee des gaz a bloc, suivrai-je la cadence ? 1 ou 2 heures plus tard, 1ere gamelle ! Sans incident, je repars a fond ! Nous roulons sur des chemins d’exploitation de foret, pleins de roches et de bouts de branches, terrain que je connais en entrainement. Arrive midi, et le 1er ratage GPS. Pause casse-croute et recherche de la station la plus proche pour le 2e ravitaillement, le 1er ayant ete effectue 2-3 heures plus tot, juste avant une monstreuse cote pleine de roches, de branches et de saignees de pluies dans le sol ! Le journaliste TV qui nous accompagne tout au long du w-end s’etait justement poste au pied de ce delicat passage.

2e ravitaillement donc, apres 10 bornes de bitume et 1er constat : qu’est-ce que c’est chiant l’enrobe en ligne droite ! Moi qui pensait depuis longtemps a une moto de route, mon choix est en train d’evoluer... Apres etre revenu sur nos pas, ou nos traces plus precisement, nous rentrons a nouveau dans la foret pour s’arreter au pied d’une riviere. Wrandy et Hayden la traverse en bons bucherons qu’ils sont, Phil notre pilote GPS est plus reticent a mouiller ses bottes. Je cherche une entree dans l’eau moins abrupte et traverse sans embuche. Le reste de l’equipage n’a pas d’autre choix que de traverser a son tour.

L’apres-midi est un peu moins technique, ce qui me laisse le temps de contempler les splendides paysages pleins de montagnes, de forets interminables, de grandes clairieres remplies d’herbe bien verte et de quelques troupeaux de vaches... Vraiment chouette comme pays ! Mais le pere Wrandy est a l’attaque derriere moi et me provoque avec son « tracteur » (terme definissant les 4 temps, beaucoup plus coupleux que mon cylindre a trous) et nous jouons des coudes en gestion de glisse sur les gravels ou bien a freiner le plus tard possible sur les portions d’enrobes degages, excellent ! A chaque fin de sprint, deux sourrires apparaissent de derriere les casques...

Fin de ride, nous nous arretons a une station afin d’effectuer le plein avant d’arriver a l’hotel. Mon bidon d’huile est presque a sec, je ne sais donc pas si je pourrai faire le plein d’essence. Cependant, je dois savoir quelle quantite d’essence je peux mettre. Je mesure donc ce qu’il me reste d’huile en la versant directement dans le reservoir... Mais ! L’huile etant plus « lourde » que l’essence, elle se dirige directement vers le carbu’ sans etre melangee a l’essence que j’ajoute par la suite... 1km plus loin : « Boooaaa, booaa, booaa, pffff.... » Des coups de kick a n’en plus finir, un changement de bougie et la vidange du carbu’ n’y suffisent pas, Hayden me tracte avec une corde jusque la fin ! Quelle fin de parcour remarquable... Arrive a bon port, je rechange a nouveau la bougie, remet l’ancienne toujours seche, un coup de kick et ca redemarre !

Une douche, un bon steak-patates et une pinte en compagnie des collegues finiront de m’achever et vais me coucher vers 21h. Compteur au 1er soir : 330km.

Samedi matin, pas trop de courbatures, un bon p’tit dej’ et c’est reparti ! La session d’aujourd’hui devrait etre relativement courte mais plus technique, cool !

Toute l’equipe est prete, on s’arrete prendre des casses-croutes, la plupart des autres equipes aussi, assez marrant de voir toutes les becanes alignees au bord de route a 7h30 dans une bourgade pepere ! Wrandy ferme la marche du team Aphrodisiac ce matin, nous essayons de le faire a tour de role.

Nous rentrons a nouveau dans une foret, afin de s’amuser dans des single-tracks interminables, pour deboucher sur nouvelle cote de barbare qui finit dans un nuage. Vient ensuite un des moment les plus grisant de ce week-end (parmi tant d’autres...), un chemin quasi-exclusivement roulable par moto,vu l’etat, et qui serpente la crete des (petites) montagnes a suivre : des sauts, des down-hills (descentes ndlr..) tres rapides avec un peu de roches tout de meme, de petites cotes qui finissent par un saut afin d’admirer (en 2sec, mais quand meme..) un paysage qui apparait au travers des nuages. Le peu d’intersection permet aussi d’avoir un rythme tres soutenu, difficile de dire sans compteur, mais surement un bon 70-80km/h, fantastique !

Un gros passage d’eau ralenti tout le monde, ce qui cree un beau bazard apres une serie de woops sur sable.On fini par y voir plus clair lorsque la majeur partie des groupes s’arretent au pied de la voiture-assistance conduite par Andy et son collegue. Ca braillait dans les talki-walkis !

Nous repartons a 5-10min d’intervalle afin de nous laisser un peu de marge, et Hayden, equipe d’une camera sur casque me suit dans les single-tracks de pins, a nouveau sur crete de collines. Il m’avouera par la suite qu’il commencait a avoir du mal a me suivre sur cette portion, le disciple depasse le maitre ! Mais pas pour longtemps puisqu’un ratage de ma part sur virage avec appui fait que le cote gauche de mon guidon se prend dans un arbre et m’offre un beau soleil ! Toujours sous l’oeil de la camera, que je n’ai pas encore visionne.. Je repars un peu plus soft, mais la qualite de chemin me fait reprendre le rythme precedent !

L’autre rider de notre team a se vautrer par terre a moins de chance que moi puisque son epaule trinque un peu. Etant juste derriere lui au moment de sa gamelle, j’ai pu apprecier la qualite de freinage de ma monture, et me dire que des fois, une marge de securite avec le predecesseur, c’est pas mal en fait... Il repart par des chemins plus larges avec Hayden pour nous attendre au prochain ravitaillement.

Petite pause, plein des machines, causage, et en route ! C’est a mon tour de fermer la marche. Mais ! Le stand ravitaillement se situe en bord d’Highway que l’on traverse afin de prendre l’autre voie pour ensuite plonger dans les bois. Hayden et Wrandy partent direct en wheeling, c’est a mon tour de traverser la 1ere voie, accelere un petit peu fort sur l’angle dans la zone entre-deux-voies, tete-a-queue, a terre ! Offrir du spectacle a autri a toujours ete ma vocation, les personnes encore presentes au ravitaillement ne se sont pas prive de me le rappeler... Je repars au taquet, le selecteur de boite un peu tordu, pas grave !

S’en suit quelques kms de gravels, et a nouveau une buche ! Pas de ma part mais il s’agit de Wrandy. Ayant repere un petit monticule sur le bas-cote, il s’y engage, accelere, et un petite roche placee a la fin du saut donne un coup de raquette sur la roue arriere ! Il essai de se rattraper tant bien que mal, glisse a droite, a gauche, fini par se coucher sur le flanc. L’equipe Tasmaniacs qui nous suit pour probleme GPS a egalement apprecie ce beau vautrage ! Malheureusement non-enregistre... Le gazier remonte sur son tracteur et rattaque au quart de tour en wheeling ! Cale je ne calerai pas !

Des petits tracks sympas, quelques galeres de demi-tour pour cause GPS sans trop d’incidence, toujours de magnifiques vues, et nous arrivons a notre nouveau lieu de repos. Etant en queue de groupe, j’essayais de « provoquer » quelques camarades sur du bitume sinueux afin d’envoyer du pate avant la fin, que neuni, les anciens restent studieux !

L’apres-midi est consacree a l’entretien des becanes, nettoyage des filtres a air, petites reparations sommaires, causage avec les collegues, bullage au soleil, sechage des vetements, appreciation du paysage et des Ranges qui nous surplombent, awesome ! Manque quand meme une bonne ‘tite mousse... Voir meme un Ricard ! Faut pas trop en demander non plus. Le gout des alcools de choix des australo-tasmaniens est comme leur gout de la bouffe quotidienne, du moins pour la plupart... A mesure du temps passe ensemble, la plupart des riders viennent se presenter a moi, taper la causette, et ouvrent grands leurs yeux lorsque je leur dis que ca ne fait que 3mois que je fais de l’enduro, et de la moto finalement.. Je leur avoue tout de meme par la suite que mes annees de VTT y sont surement pour quelque chose, mais je m’amuse bien avec eux !

Nous faisons le plein des machines en fin de journee avant de monter dans le bus qui nous emmene jusqu’au prochain bled afin de se remplir la panse. Imaginez 50 gaziers, motards, un peu bourrins qui plus est, en train de causer tous ensemble dans un habitacle plutot restreint, on dirai des gosses qui partent en classe verte !

Ce soir, c’est poisson. Ca changera un peu de la viande rouge, et c’est pas plus mal pour faire les quelques 330bornes restantes avant Strahan. Nous rentrons vers 22h, un peu KO. Je me dirige direct vers mon lit quand Hayden me dit d’attendre avant d’y aller car c’est le dernier soir avec tout le monde, donc le soir des « Trophes »... Chaque equipe doit remettre 3-4 recompenses (sur papier) a n’importe quel rider present pour des raisons qui leur tiennent a coeur, comme un bon coup de main mecanique, un bon guideur GPS, etc... J’en recoi 4 pour ma part ! En voici les raisons :

- Award pour avoir detruit un passage en bois (un passage sur tronc d’arbre assez difficile avait ete ameliore par une equipe avec des branches et d’autres bouts de bois. Je me trouve le dernier de notre equipe a y passer, m’arrete pile sur le tronc, donne un coup de gaz et repart en defoncant l’amelioration !)

- Award pour l’imitation d’une tortue au milieu de l’Highway (voir raison plus haut)

- Award pour avoir ete prenomme apres une partie de jeu de societe (cf. Cluedo qui se prononce comme mon prenom en anglais, ou quasiment)

- Award pour la plus grande distance parcouru sur Terre pour cet enduro, et mon vautrage au milieu de l’Highway.

Voila qui me permet d’etre assez populaire parmi les enduristes tasmaniens ! « You’re a legend Loudo ! » certains se sont amuses a me dire !

Dimanche matin, un peu la tete dans le derche, mais bien motive a en decoudre pour de bon avec ce Rally. Un gazier me voit me preparer et a pitie du frenchy. Il me propose un de ses pantalon (special moto) pour la journee, ce que je ne regreterai pas vu le froid qui nous attend pour une bonne partie de la matinee. Apres quelques kms, c’est deja un joyeux bordel qui s’installe pour cause de troncs infranchissables. Un des responsable de l’evenement nous trace un contournement a bord de sa CR-F.

La premiere demi-heure passee, je m’apercois que je ne suis pas tout a fait encore pret a envoyer du gaz, une allure studieuse est de mise. Nous longeons une riviere situee en contre-bas grace a un chemin a peine assez large pour nos montures et mine de roches glissantes, excellent.. Quelques passages de ruisseaux, quelques photos, et les muscles se reveillent ! Tant mieux car une portion de route style montagne se rapproche... Wrandy me met la pression, mais mon etude theorique du deanche de selle maintes fois observee au Mans ou ailleurs me fera conserve le peu de retard... Passages en epingles a l’interieur, gros (tres gros...) freinages, a ne plus en avoir parfois... poignee des gaz completement epongee sous les bois... Grisant.. Fin de la portion, grands sourrires, odeur de frein, il etait tant que ca s’arrete... 1er ravitaillement, avec BBQ (un peu cher pour une pauvre saucisse..) fera du bien.

Nous repartons sur de la gravel-road aux tres nombreux virages tout en glisse. Je part en milieu de troupeau, mais seul. Hayden et Wrandy sont derriere, je ralenti l’allure pour les attendre et m’amuser avec eux. J’attend un moment, sonde le bruit a travers mon casque sans trop entendre grand chose, jusqu’a ce qu’un gros bourrin sorte du virage que je venais de passer 100m plus tot, tout en glisse et tres grosse acceleration !! Le leader actuel d’un des championnats tasmaniens d’enduro qu’est WRandy est chaud !! Je tente de le suivre mais il est vraiment trop fort pour moi...

La fin de matinee ne sera que portions de routes sans grand interet, sauf peut-etre une pointe de vitesse de la part de ma becane mesuree a 153km/h par Hayden qui me suivait !! Sacre 2temps ! A ce moment-la, il vaut mieux ne pas penser qu’on roule toujours avec des pneus a crampons...

Une pause dans une espece de boulangerie bien sympathique nous rechauffe pour la suite, et quelle suite...

On fait le plein des becanes car il y a de la route, encore, mais ce sera un des meilleurs moments que j’ai pu rencontre tout au long de ce week-end. Il s’agit en fait d’une route, type nationale/departementale de montagne, avec un enrobe nickel (pour la Tasmanie)... Niak niak !! Les premiers virages me feront comprendre que le frein arriere est inutile puisque la roue se bloque systematiquement. Un virage a gauche suivi d’un tout-droit-sans-aller-dans-le –fosse-ni-croiser-de-voiture de ma part et tout en glisse me fait ralentir, pour un instant seulement...

Wrandy est egalement a l’attaque, passe devant, et pendant la 1/2h de virages je ne le lacherai pas ! Balancement,deanchement sur le guidon, appui de tout mon poids sur le cale-pied exterieur, recherche d’adherence maximum... Euh, on pourrai pas mettre des slicks sur les jantes ? Non ? On remonte la plupart des autres riders etant a une cadence moins soutenue et s’arretons en haut de la montagne pour faire une pause, se marrer, et attendre tout les autres pour une session video. Mais...

Un gazier equipe d’un talki nous rejoint. Nous attendons 5-10min sans voir personne, etrange meme si l’avance creee etait importante. Le talki se met a brailler et nous apprend que Will (avec qui nous avons fait le trajet voiture, pote d’Hayden) s’est plante. Nous n’en savons pas beaucoup plus, mais du monde est deja sur les lieux. Nous decidons donc de poursuivre la route. Nous rejoignons d’autres riders et attaquons une gravel-road bien seche, mais bien glissante. J’essai de suivre le mouvement, mais les calories utilises lors de la session bitumeuse me manquent pour le rythme impose et deux tout-droit-sans-fosse-mais-c’etait-chaud, me font ralentir.

Nous arrivons au pied d’une riviere/fleuve ou une barge tracte par cable nous attend. Hayden et le reste de l’equipe nous rejoint en nous donnant des explications concernant Will. Il a derive legerement sur le bas-cote de la route, sans grand danger, essaye de remonter sur le bitume, mais son cale-pied gauche s’est pris un poteau d’une barriere de securite. Tete-a-queue, pied transperce entre un cale-pied et un poteau, bras en vrac, fini couche sur la rampe. Hayden qui se trouvait juste derriere a pense au pire. Direction l’hopital d’Hobart pour un bout de temps.

Apres une rapide interview que j’accorde au journaliste TV qui nous accompagne (imagninez un anglais avec le plus bel accent francais l’accompagnant, une coupe de cheveu tres glamour, et aucun soutien de la part des collegues se marrant derriere..), nous traversons la riviere et repartons a nouveau sur une gravel bien glissante ou je m’ameliore, aide par Wrandy, super-motard session !

Un nouveau bon moment du w-end se presente a nous, l’arrivee reelle sur la cote Ouest et ses belles plages, desertes. Une legere euphorie s’installe dans l’equipe : on l’a fait ! meme s’il reste encore quelques heures de roulage. Toujours en compagnie de Wrandy et de son tracteur, ma 250 me donne des ailes et nous progressons a vive allure sur des chemins type douaniers en granit, tout en appreciant la cote, superbe ! Vraiment un bon passage !

Vers 16h, les equipes se regroupent avant LE moment du week-end. Environ 20 bornes sont a effectuer sur une plage immense afin de rejoindre Strahan, ville-arrivee. Andy, co-organisateur nous surplombe a bord d’un helico loue pour l’occasion et accompagne par le journaliste TV, enorme quand meme... Hayden et Wrandy resteront la majeur partie de la traversee sur la roue arriere, je m’y essai mais sans frein moteur, vaut mieux pas tenter le diab’ ! J’ai vu plusieurs fois le depart de l’enduro du Touquet ou l’arrivee du Dakar, tout deux sur plages immenses. Cette fois j’etais l’acteur...

Nous rentrons dans la ville au ralenti, limite a vouloir refaire une boucle, mais passons sous l’arche Red B. et arretons les moteurs pour de bon...

Jane est deja la a nous attendre, quelques grillades, sanglage des becanes, retour sur Little Swanport, sans Will malheureusement. Nous deposons Wrandy a une station service au pied d’Hobart pour qu’il rentre directement chez lui. Moment assez cocasse de le voir a minuit, sous les neons en train de se changer a nouveau pour remonter sur sa monture au taquet ! On aurai dit un acharne de moto, ou un relai des 24h du Mans !

Je consacre la matinee du lundi a l’entretien de la becane, pour la derniere fois, cause avec Hayden du week-end et des moments anterieurs passes en sa compagnie.

Mes sacs a dos sont prets, Cedric et Jo ont fini leur journee, et avant de regagner l’aeroport d’Hobart, nous passons saluer la famille Dyke, moment tres emouvant, meme a l’heure ou j’ecris ces lignes... Lorsque l’avion s’envole et que la Tasmanie s’offre a moi une derniere fois par le hublot, les larmes ne sont pas loins... Un peu fatigue par un fabuleux moment que je n’aurai meme pas imagine en reve... « I’ll be back.. »

J’arrive a Sydney, retrouve un endroit familier qu’est le Kanga House Backpacker et surtout deux francais fraichement arrives : Eric et Kevin. Le premier est un pote de Rennes avec qui j’ai eu l’occasion de faire de la coloc’. Il est ici en tant que backpacker, au vrai sens du terme : bosser (un p’tit peu), et surtout se promener et visiter ce bout de Terre.

Kevin quant a lui, est un ancien collegue mecano de CBM a Pace avec qui j’ai passe 4ans mais sans que nous ayons reelement bosse conjointement, specialisations de materiels differentes. Ca ne fait rien, le but de sa venue est le meme que le mien : passer la meilleure saison de moisson australienne.

La suite, pour plus tard...

Salut a tous !

Ludal

Ps: les images mettent trop de temps a debarquer, a vous d'imaginer....

dimanche 3 octobre 2010

Oyster Bay: La fin... sur les chapeaux de roues!

Mes tres cheres soeurs, mes tres chers frères, c’est un nouveau mois qui s’acheve, et qui amene donc un nouvel episode tasmanien!! Alleluia! Hum.. hum… je m’emporte…

Comme suppute dans l’episode precedent, votre periode estivale s’est vu enchainee par une periode plus “realiste”… hin hin hin… La pluie, le vent, le mouchoir dans la poche… Les lunettes de soleil ne sont pas faites pour etre portees trop longtemps, ca laisserai des marques… (re-)hin hin… Ici, c’est enfin notre tour!

Mais il y a encore quelques fraiches matinees pour nous rappeler que nous ne sommes pas tres loin du pole sud. Ainsi, 2-3 semaines plus tot, une depression atmospherique dont l’epicentre etait situe au sud de l’ile, nous a apporte des vents frigorifiques! C’est dans ces moments de pur plaisir que l’on saisi l’importance de regulateur climatique qu’est la mer. Car des que l’on plonge les mains dans l’eau, la difference de temperature est “relativement” appreciee. Relativement, car comme je vous en ai déjà parle, s’il y a du vent, les vagues ne sont pas loin…

Mais a part ca (Mme La Marquise), tout va tres bien dans ce coin du monde. Cedric est definitivement convaincu que le spraying n’est pas son truc. Remarquez, après avoir parcouru tous les champs de la propriete chaque jour, ca doit agir dans une partie du cerveau qui gere la lassitude. Pour ma part, cette partie n’est pas encore saturee, meme si l’on doit repasser dans la moitie des champs déjà fait. Car la plante est corriace! Et pullule de partout! Mais on s’ennuierai sans ca…

Les 2 dernieres semaines de septembre ont ete comme un mois de mars francais: variable, au niveau meteo j’entends. Giboulees, vent, pluie, grand soleil, grele, etc… Mais ca ne nous a pas empecher Cedric et moi-meme de perseverer au spraying! Car Col et Sue sont partis se dorer la pillule au soleil fidjien pendant quelques jours. Nous etions donc nos propres chefs (quel honneur…), nous avons meme enrole Captain Stew pendant une courte periode d’essai, sa lassitude etant encore plus rapidement atteinte que la notre…

Autre occupation dont le cote palpitant n’a d’egal que le fameux spraying, la fabrication de paniers d’huitres! Le process est simple: du grillage plastique avec des mailles de taille correspondantes a un age (ou une taille) d’huitre, on le coupe a une longueur definie, coupe les angles et nettoie les bords, le pli a la forme souhaitee a l’aide d’un “plieur”, l’agraphe a la machine pneumatique, puis on le perce pour enfin enfiler les batons en bois. Tres simple donc, mais apres environ une bonne 50aine de rouleaux, (et a raison de plus de 30 paniers par rouleau) cela nous donne beaucoup, beaucoup de paniers a fabriquer…

Ce qu’il faut se dire, c’est que le mauvais temps decrit precedemment nous oblige a rester au shed, c’est donc toujours mieux que d’etre en conge. Quoique pour certains…

Depuis la precedente mise a jour du blog, mon orteil va mieux, et meme tres bien! J’ai pu participer a un enduro un dimanche. Hayden etait mon coach et surtout mon introducteur aupres des organisateurs. Environ une 50aine de participants, courant dans differents groupes: experts, veterants (ca prend un “d” ou un “t” veterant a la fin? Faut dire que ca ne m’inquiete pas pourl’instant…), A, B, C. Chaque groupe avait aussi un “sous”-groupe “Dual”. Apres mes modestes 2mois ½ de pratique, le boss m’inscrit en C.

Petit tour de reconnaissance, on voit deja qu’il y a des nerveux de la poignee de gaz… Cependant, la course ne se fera pas sur le tour le plus rapide, mais sur la regularite et donc l’endurance. Car il y a 4 heures de roulage! Adoptant un style plutot pepere (pour ne pas dire veterant, car ils sont quand meme rapide les vieux!), j’enquille les tours avec motivation et determination (2 mecs que j’ai rencontre… ahahah…), m’arretant chaque fois aux stands pour un petit topo de l’etat mecanique (de la machine, et de moi-meme..) avec Hayden et prendre une rasade de flotte.

Car il commence a faire chaud sous le casque! Autant les 4 premiers tours se sont faits non pas facilement, mais sans trop ressentir les muscles se prettant gracieusement a l’effort, autant les 3 derniers tours me pousseront dans mes derniers retranchements! Mais c’est avec le sourrire que j’ai pu franchir la ligne d’arrivee apres 4h ½ de roulage et etre ainsi le premier non-tasmanien a participer a l’epreuve!

Je ne connaitrai mon resultat qu’une semaine plus tard, mais ca valait le coup d’attendre: 1er de ma categorie (enfin, on etait que 2…), 1er de celle au-dessus (la B donc, il y avait un peu plus de 2 engages..), et 3eme du groupe A, ouf! Certains attendaient des bouquets de fleurs de mes exploits cyclistes, je crois que je vais me reconvertir…

Les semaines de septembre se sont enchainees, et me voici arrive a la fin de ma sedentarisation (heureuse) tasmanienne. Je devais donc repartir sur Sydney ces jours-ci retrouver des potes fraichement arrives de France… Je devais…

Car la donne a changee… D’une part, je pensais que la saison de moisson a laquelle je souhaite participer avec l’un des potes commencait relativement tot, mais le contact que j’ai eu dans le New South Wales ne nous attendrai pas avant le 20 octobre. D’autre part, Hayden m’a plusieurs fois parle (pour ne pas dire insister sur ma participation) d’un enduro assez “mythique” (pour la Tasmanie) qui se deroule sur 3 jours, mais il a lieu le 2eme week-end d’octobre, j’aurai deja du etre sur Sydney.

La premiere nouvelle m’a donc fait me decider de rester une semaine de plus pour aller en baver de la cote Est a la cote Ouest de l’ile, bonne opportunite pour visiter, je ne l’aurai sans doute pas deux fois… On commencera donc vendredi prochain, a un rythme d’un peu plus de 200bornes par jour, je devrai deja reserver une session de massage a mon retour a “la capitale”…

Petite parenthese de “culture sportive” (peut-on reellement associer ces deux termes…? Les footeux diraient que oui, mais peut-on se fier a leur jugement, c’est un autre debat…), cette annee voit un evenement peu commun en Australie.

Ici, ce n’est pas le foot (ou soccer pour etre plus precis) qui fait grimper l’audience, ni meme le rugby, mais le Footy. ?? C’est quoi ce sport? Car c’est un sport, surement le plus populaire. Il s’agit d’un genre de rugby, qui se joue sur un terrain circulaire (ce n’est pas pour autant un cercle, imaginez un tres grand terrain de foot dont les angles sont arrondis), avec 18 joueurs de chaque equipe sur le terrain, plus environ une 10aine d’arbitres, plus des “managers” de chaque equipe, egalement sur le terrain (!), vous obtenez un beau bordel appele Footy. Se jouant en 4 ¼ temps de 20 ou 25 min, quelques regles bizards sont imposees (bizard car on ne comprend pas tout de suite leur interet…). Le but du jeu est de shooter le ballon (oval comme au rugby) entre les deux grands poteaux du milieu (il y a deux autres petits situes de chaque cote des grands, mais ils ne rapportent qu’un point) pour obtenir 6points.

Le nombre de personnes sur le terrain est un joyeux bordel, la facon de jouer aussi. Meme apres avoir vu quelques matchs (Cedric est grand fan desormais…), ca donne toujours l’impression que les joueurs ne font office d’aucune strategie, qu’ils courent partout, que c’est celui qui choppe le ballon le 1er qui doit courrir le plus vite pour marquer… Inutile d’ajouter qu’il n’y a aucun carton de distribue par l’arbitre, donc ca fauche severe…

Voila en ce qui concerne le principe de jeu. Car l’evenement est tout autre. Lors du dernier week-end de septembre, la grande finale a eu lieu: Collingwood Melbourne VS Saint Kilda Melbourne. Ah oui, comme a Londres ou il y a environ 6 ou 7 clubs evoluant en 1st Ligue, il y a a peu pres 10 clubs provenant de Melbourne jouant ensemble… Donc, La grande rencontre. Mais, match nul a la fin du jeu. Que faire? Des prolongations comme pendant les playoffs et le reste de la saison? Ca serai trop facile… “Oonnn refait le match!” La semaine suivante! Effectivement, les regles du footy sont comme ca pour la grande finale, pas de prolongations… Le dernier match nul de l’histoire du footy avait eu lieu environ 40ans plus tot, pourquoi changer une regle dont personne (au pub ou etait Jo et Cedric a ce moment-la) n’en connaissait l’existence? A l’heure ou j’ecris,c’est “Le retour, donc pas de vainqueur pour l’instant connu… Suspens insoutenable… Mise a jour du lendemain matin: Saint Kilda s’est fait ruiner par Collingwood 102 a 51… (les scores sont parfois comparables a du basket US, voir pire…)

Pas grand chose a ajouter, sinon que dans quelques jours sera mon 1er anniversaire de voyage… Si les prochains mois avancent aussi vite, preparez deja les bouteilles…

Peut-etre une petite chose tout de meme: session dragster avec le patron… Amateur de voitures de courses comme je vous l’ai deja dit, il court depuis quelques annees en championnat tasmanien. Sa monture? Une ancienne Ford Falcon, qui n’a de comparable a l’originale que la carrosserie, et le chassis. Le reste est compose par un moteur Cleveland V8 6(ou 7)litres montant a plus de 7600tr/min, boite de vitesse sequentielle, pont arriere enorme (c’est peu dire..), pneus adaptes, etc… La session a ete rapide car le reservoir (carburant d’aviation) est presque a sec (5litres, a peine de quoi faire 2-3kms…). On se rend donc sur la route goudronnee la plus proche, et… Gaz!!! La voiture burn tout le temps, les pneus montes n’etant pas tres adaptes, la route non plus. On fais demi-tour, repart aussi sec! On s’arrete, je descends, et gros burn-out de bourrin!! Des anti-brouillards ne suffiraient pas pour y voir au travers… Retour au shed, fin de session. Voila. Le boss et Jane m’expliquent qu’en realite, sur piste prevue a cet effet, lors de la 1ere acceleration, les yeux se retournent dans leurs orbites, et lorsqu’ils reviennent a leur place, il est temps de freiner, 400m sont passes… en un peu moins de 11sec…

Sentiments partages entre quitter la famille qui m’a accueuilli pendant cet hiver, retrouver des potes, se lancer dans un nouveau boulot, vous retrouver debut d’annee prochaine…

Bon courage a vous, ici je n’en ai pas beaucoup besoin, ca s’enchaine tellement bien…

A tantot!

Ludo

lundi 30 août 2010

Oyster Bay, quand tu nous tiens...




Salutations a vous cheres lectrices et lecteurs affames de mes nouvelles!

Heu.. ouai, j’en fais peut-etre un peu de trop...

Neanmoins, apres votre pause estivale, vous voila gorges de soleil ! Prets a affronter l’hiver infernale et interminable de l’hemisphere nord ! Prets a passer des heures devant votre ecran afin de capter le « peu » de soleil qui vous manquait, decrit dans les contes de l’hemisphere sud ! Un peu de sadisme ? Peut-etre...

M’enfin, de mon cote, on vient tout juste de le revoir, le disque de lumiere. Car apres avoir passe de tres bonnes semaines de Juillet, les trois dernieres semaines du mois d’Aout se sont revelees plutot fraiches. Ce qui a tout simplement change la donne en terme d’activites a la ferme...

Effectivement, la pluie pour commencer, nous a empecher de continuer le spraying (decrit dans l’episode precedent) sur le meme rythme. Cela nous a donne, a Cedric et moi-meme, un peu de repis car la tache devenait une corvee a la longue.


Mais la pluie, accompagnee generalement par le vent, est la consequence d’un systeme climatique basse pression (vous savez, quand le barometre passe en-dessous de 1014hPa...). Ce que Col (le pere d’Hayden, notre boss) m’a appris (ou m’a fait realiser), c’est que la pression atmospherique agit directement sur les amplitudes des marees. Petit rappel : l’eau etant incompressible, si on exerce une pression d’un bord, le niveau s’eleve de l’autre. En Juillet, grand soleil tout les jours, donc pression elevee, donc meme les marees hautes n’etaient pas tres genantes pour travailler dans les champs d’huitres. En revanche, le mois d’Aout s’est amuse a nous voir plonger les bras dans l’eau (froide...) chaque jour afin de remplir les bateaux de paniers d’huitres. Bon, s’il ne fait que pleuvoir, ca passe encore. Mais quand le vent est de la partie, ca commence a jouer des coudes severe ! Rien que pour aller jusqu’aux champs d’huitres, il nous faut descendre la riviere pendant 10min, et quand il y a des vagues, avec des bateaux a fond plat, c’est du sport !


Car je suis dorenavant capitaine ! Bon, faut pas pousser non plus.. La barge en alu fait environ 2m par 5, c’est pas le Queen Elizabeth II... Mais c’est assez marrant a naviguer !


Autre joyeusetee de bosser pendant la maree haute, les combinaisons que nous enfilons s’arretent au niveau des aisselles... Une vaguelette, le sol qui se derobe sous les pieds et c’est la surprise bien fraiche !


Au final, ces trois semaines de labeur nous permettent d’apprecier l’arrivee du printemps...



En dehors du taf, quelques soirees chez les uns et les autres : soiree sushis/pizza maison chez Jane et Hayden, avec de longues sessions YouTube de caisses et de motos, soiree anniversaire/depart chez Mathieu, soiree crepes salees/sucrees chez nous au shed, soiree election chez Col et Sue... Toujours arrosees de bonnes bouteilles, mais toujours pas de Ricard a l’horizon...


Derniere soiree en date : plutot une embuscade... Nous rejoignons Stew, collegue de taf, au pub du coin (env. 15bornes..), alignons les pintes et les billards, et finissons la soiree a 200m de la chez ses potes dans un petit atelier sans doute consacre a la mecanique dans le passe, mais qui fait dorenavant office d’atelier a cuites...

Les sorties motos se multiplient, les chutes aussi.. Jusque la sans aucun probleme a declarer, la derniere rando une semaine plus tot s’est soldee par la casse d’un orteil. Un passage etroit a allure (tres) reduite entre deux rochers, et c’est le drame... J’enleve la botte, vois qu’un des doigt n’a pas la forme qu’il avait la derniere fois que je l’avais vu, rechausse la botte, et crac ! Un mouvement de pied sur le selecteur de vitesse aura permis a mon orteil de retrouver sa « confortable » position... Une soiree de repos avant de retourner au taf, une semaine sans chevaucher le 2roues. Mais il va falloir etre pret a renvoyer du gaz, je dois participer a un enduro « officiel » mi-septembre. Suivant le resultat, je pense m’engager pour le Dakkar 2011... Hum hum... Sans aller jusque la, j’ai enormement progresse en terme d’agilite, de vitesse, de plaisir, egalement a mesure que l’on affine la becane, merci patron !



Sans transition, nous nous sommes promenes dans la belle Feurrari rouge le week-end dernier vers la Tasmanian Peninsula, toujours sur la cote Est, au nord d’Hobart. Une tres belle escapade pour apprecier les monstrueuses vagues sculptant de majestueuses falaises, ou bien percant les-dites falaises pour creer des « Blowholes », sorte de tunnel sous la falaise qui debouche a ciel ouvert a l’interieur des terres (entre 50 et 70m pour ceux appercus). A l’oppose, quelques plages appaisantes, dont seul quelques vaguelinettes (des petites vaguelettes... comme une bolinette pour un petit bol...) nous rappellent qu’il s’agit de la mer... Un McDo et « quelques » courses plus tard, retour au shed pour un samedi soir tranquille, c’est rare..


Voila ! Theoriquement, il ne me reste plus qu’un mois (deja !) a passer en compagnie des deux autres tares de francais, ainsi que la sympathique famille Dyke, sans oublier Captain Stew. En effet, le mois d’ocotbre verra debuter une nouvelle saison avec un autre breton, mais ce sera pour le prochain episode...


Douce fin d’ete a celles et ceux qui sont au nord du globe, n’oubliez pas les patates en septembre !

A tantot !


Ps : on ne pourra pas dire que l’ete se sera comporte de facon parfaite cette annee pour certains de mes potes et c’est avec une douleur partagee que je souhaite un bon courage a Anna et sa famille

mardi 27 juillet 2010

Oyster Bay, La suitre






Mercredi 28 Juillet

Salut!

Voila un petit moment que je n’avais pas mis a jour un de vos blog prefere (pour ne pas dire le plus populaire, ouhouh..!), je repare donc cette ommission. En meme temps, je suppose que la plupart d’entre vous « subisse » l’ete dans l’hemisphere nord, je suppose donc que vous ne vous consacrez pas beaucoup a internet, tant mieux j’ose dire..

De mon cote, je pourrai me croire au mois de... Quel mois d’ailleurs ? -6 deg. le matin pour supporter plus de 15deg en journee ! On reprend le bronzage !

Car je ne passe pas tant de temps que ca a m’occuper des huitres. Etonnant pour quelqu’un qui bosse dans une ferme d’huitres... Je m’explique, Hayden et son pere sont proprietaires de quelques 250hect de paturages pour de futures moutons. En attendant, une certaine herbe (Tassic) qui est relativement appreciee par les animaux mais qui n’a aucune vertue nutrionnelle envahit les champs. LA solution : Monsanto ! Et son produit phare a base de glyphosate : Round Up Total super ! Il faut donc se promener de long en large et en travers a pied afin d’eliminer cette « mauvaise » herbe. Le pulverisateur sur le dos et c’est parti ! Je me suis retrouve avec Joe a faire les premieres parcelles, accompagne par Col (pere d’Hayden) et de son pulve installe sur le Ute (petit rappel : ute = pick-up). Les 2 premieres semaines se deroulaient ainsi : remplissage de la cuve le matin, puis direction les champs avec a chaque fois, un magnifique lever de soleil que je vous ai deja decrit, mais qui, systematiquement vous fait vous arreter avec la machoire inferieure qui se deplace suivant les lois de la gravite...


Depuis 2-3 semaines, je suis toujours requisitionne pour le spraying (c’est le nom de cette operation) mais avec un nouveau partenaire puisque Joe avait quelques difficultes entre le rouge (colorant du produit pour savoir ou l’on est deja passe) et le vert (de la plante). C’est avec une « immense joie » que Cedric nous a rejoint Col et moi pour ratisser les patures. Nous avons change de programme en commencant a 9h, les 2 precedentes heures etant consacrees a une escapade en mer/riviere afin de collecter suffisamment d’huitres pour occuper Joe, Mathieu et Stew le reste de la journee.

Le boulot devient de plus en plus rengaine, Cedric etant de plus en plus depite chaque jour.. Mais je prend cette tache comme un bon moyen de contenir une forme physique car c’est 6h de marche avec en moyenne 8kg sur le dos, parfois sur le plat dans les hautes herbes, parfois dans la pente. Un rythme soutenu, l’iPod dans les oreilles, et un cadre de travail vraiment magnifique a chaque fois que je leve la tete....


Col sait que c’est un boulot relativement peu interessant et fait donc en sorte de nous apprendre beaucoup de choses sur le fonctionnement de leur ferme, de l’environnement et de la faune local et national, de leurs projets, de son passe. Petite parenthese : lorsque je travaillais sur Rennes, j’avais pour habitude quand je rentrais dans les Cotes d’Armor le vendredi soir, de m’arreter chez l’ancien de la famille taper la causette autour d’un Ricard. Je retrouve a peu pres la meme relation avec Col (sans le Ricard par contre) qui m’apprecie egalement.


Voila pour ce qui est de mes occupations journalieres.

Des la 2eme semaine j’avais demande a Hayden de me proposer quelque chose a faire apres le taf, car quoi faire quand il est 15h30, sans bouger et tenir jusqu’au diner ? Il y a bien les films sur le PC, mais etant donne le beau temps... Je me suis donc mis a tondre la pelouse ! Enfin, conduire un tracteur avec un broyeur et me promener dans le bois qui entoure le shed et le long de la route. Ca occupe !

Depuis un peu plus d’une semaine, une nouvelle activite, plus attractive, est venue se greffer : Dirt-bike ! Moto-cross en anglais si vous preferez. Hayden, amateur d’enduro possedait deja une becane citee dans l’episode precedent mais souhaitait acquerir une nouvelle monture avec un moteur differant du 4temps. M’ayant suggere que je l’accompagnerai des qu’il l’aurait, je lui ai propose de participer a l’achat. Me voila donc, en partie, proprietaire d’une Yamaha YZ250. Cela ne veut sans doute rien dire a la plupart d’entre vous, je serai donc bref : 250cm3, 2temps (comme une mob), env. 60-65cv pour env. 100kg. En clair, ca vous arrache les bras si on y prend pas gaffe, heureusement qu’il n’y a que 5 vitesses, sinon la 6eme ferait le meme effet que les precedentes : faire burner la roue arriere sans arret, meme a plus de 80km/h. Sensations garanties !


Chaque Jeudi et Dimanche, le boss et moi-meme nous rendons dans une foret a un 1/4h de route du shed (le 1/4h, c’est sur de la gravel-road constamment en contre-braquage, Hayden etant un ancien pilote bagnole sur piste...), les 2 becanes chargees sur le cul du Ute. Les protections (toutes pretees gracieusement) enfilees, c’est parti pour des sessions trial, passages de rivieres, cotes interminables a grimper bourrees de roches, de racines et de mousse, passage en wheeling de troncs d’arbres couches, descentes me faisant me retamer la tronche, tirage de bourre sur des single tracks fort sympatiques, etc... On inverse de becane pour s’amuser autant, voir plus pour ma part, car celle du boss est beaucoup plus facile d’utilisation, je commence meme a ne pas me faire distancer quand je la prend ! Je n’en suis qu’a 3 sorties, mais mon niveau et ma vitesse progressent, bien aides par les conseils du chef.



Le reste de la semaine, c’est reglages, modifications, ajustements de la 250 car toute nouvelle pour nous, et essais. De la mecanique en meme temps que la pratique, je demande pas plus !


De leur cote, Joe et Cedric ont acqueri une bagnole afin de se mouvoir, et d’explorer les alentours, et d’eviter, a l’occasion, de passer des week-ends en mode « Geek » devant une serie ou un film quelconque. L’ambiance entre nous est tres pepere, on se retrouve tous les soirs a se faire une bonne bouffe, en se faisant d’interminables sessions Kaamelott (fous rires systematiques malgre le fait que chacun d’entre nous connaisse quasi par coeur la plupart des repliques...). Je m’en vais ensuite me piauter pas tres loin puisque j’ai change de lit ! Les differents matelas que l’on avait dispose avec Joe a l’etage ne convenaient pas a mon dos. C’est donc un bout de mousse suffisamment epais dispose dans un coin de la piece cuisine/salon qui fait l’affaire. En plus, j’ai les pieds tout pres du poele, d’la balle !


Il y a quelques semaines, nous avons embarque (Hayden, Col, Math, Joe, Cedric, moi et Sox la chienne) sur le bateau des patrons pour aller voir une colonie d’otaries qui prennent le soleil sur une ile a 1/2h de navigation de la cote.


Vraiment contentes et curieuses de nous voir, elles tournaient autour de nous, sautaient, plongeait, nageaient sous le bateau dans une eau, inutile de le dire, limpide... Le tout avec un soleil qui n’allait pas tarder a se coucher... Le retour se faisant avec quelques dauphins... Si c’est pas beau !


J’ai egalement bouge mes fesses avec la famille Dyke (Hayden, Jane, Alicia et Samuel) a Launceston, bourgade situee plus au nord de l’ile (j’pourrai meme pas vous dire precisemment.. !). Petite promenade autour des « Cataracts Gorges », riviere se promenant entre deux parois rocheuses, impressionnant et sympa malgre le temps nuageux.


Beaucoup de choses sont donc faites pour me decider a passer le reste de l’hiver ici. Tout est nickel, l’ambiance, le taf (malgre que ca ne soit pas tres varie mais on ne va pas se plaindre sans arret..), le site, les activites..

Je me sedentariserai bien, mais Hyden m’a revele qu’autre chose aime egalement cet endroit : les moustiques pendant le long ete tasmanien...

Je me permet donc une fois de plus de dire : Au bon endroit, au bon moment.


Lecteurs de l’hemisphere nord : passez un bon ete ! Ceux de l’hemisphere sud : bon courage, l'hiver est bientot fini !

A tantot !